Chapitre 2. État de la question réorienté vers discours et syntaxe

2.0. Orientation du chapitre

L’ancien état de la question retraçait l’histoire des principales théories du système verbal de l’hébreu biblique depuis les grammairiens médiévaux jusqu’aux approches récentes.1. L’histoire longue du débat est documentée notamment par McFall, qui suit les solutions depuis Ewald jusqu’aux modèles modernes. Ici, cette histoire est condensée pour dégager des outils plutôt qu’une chronologie exhaustive. Une telle histoire est utile pour comprendre la formation du problème, mais elle risque de disperser l’argument du présent mémoire. La question posée ici n’est pas de déterminer quelle théorie doit remplacer toutes les autres, ni de reconstruire l’ensemble du débat dans son ordre chronologique. Il s’agit plutôt d’identifier ce que chaque famille d’approches apporte à une description des formes verbales comme opérateurs morphosyntaxiques et discursifs.

Le chapitre précédent a montré que les modèles strictement temporels, strictement aspectuels ou strictement fondés sur le waw conversif ne suffisent pas à expliquer les emplois de qatal, yiqtol, wayyiqtol et weqatal. Le présent chapitre reprend donc l’état de la question selon cinq axes utiles à la recherche :

  1. les modèles TAM, c’est-à-dire les modèles fondés sur le temps, l’aspect et le mode ;
  2. les approches discursives de l’hébreu biblique ;
  3. le cadre syntaxique formel nécessaire pour décrire la position de la clause ;
  4. l’idée de spell-out de faisceaux de traits ;
  5. la perspective comparatiste sémitique, en particulier l’apport limité mais stratégique de l’arabe.

Cette organisation permet de conserver les acquis des recherches antérieures tout en les réorientant. Les catégories de temps, d’aspect et de mode restent indispensables ; les analyses de foreground/background et de types de discours fournissent la base de la typologie ; la syntaxe formelle permet de traiter l’ordre des constituants et la périphérie gauche ; la morphologie théorique permet de modéliser les formes comme faisceaux de traits ; la comparaison sémitique éclaire certains résidus diachroniques, notamment autour de yiqtol, du jussif et de wayyiqtol.

Le vocabulaire technique doit rester accroché aux formes : וַיְהִי wayhî ‘et il fut / et cela advint’, יְהִי yəhî ‘qu’il soit’, אָמַר ʾāmar ‘il dit’. Les théories citées ne portent donc pas sur des abstractions flottantes, mais sur des choix morphosyntaxiques observables dans les clauses.

2.1. Les modèles TAM : temps, aspect, mode

Les modèles TAM constituent le premier niveau nécessaire de l’analyse. Ils posent que les formes verbales expriment, ou au moins contribuent à exprimer, des valeurs de temps, d’aspect et de mode. Même si ce mémoire déplace l’attention vers les opérations discursives, il ne peut pas se passer de ces catégories : une clause qui fait avancer un récit ne fonctionne pas de la même manière si elle présente l’événement comme accompli, projeté, habituel, volitif ou gnomique.

Le temps verbal concerne l’ancrage d’une situation par rapport à un point de référence : passé, présent, futur, antériorité relative, simultanéité ou postériorité. Dans les descriptions anciennes, ce paramètre a souvent été placé au centre du système : qatal serait le passé ou le parfait, yiqtol le futur ou l’imparfait, wayyiqtol le passé narratif, weqatal le futur consécutif. Les modèles de type temporel permettent de rendre compte de nombreuses traductions et de nombreuses régularités, notamment la valeur passée de wayyiqtol dans la prose narrative.

Cependant, les approches temporelles rencontrent une difficulté structurelle : les formes ne se distribuent pas selon une opposition simple passé / futur. qatal peut exprimer présent statif, résultat, fait établi, futur de certitude ou modalité précative ; yiqtol peut exprimer futur, habitude, généralité, modalité, volition ou parfois passé. Les théories de temps relatif, telles qu’elles apparaissent dans les discussions autour de Kurolowicz, Zuber et Joosten, apportent un raffinement important : une forme ne doit pas seulement être située par rapport au moment d’énonciation, mais aussi par rapport à un temps de référence interne au discours.2. Joosten distingue nettement les domaines indicatif et modal et rapproche yiqtol et weqatal dans plusieurs contextes non indicatifs. Ce rapprochement prépare l’analyse du chapitre 6. Joosten propose ainsi un système où wayyiqtol appartient au domaine du temps passé indicatif, tandis que yiqtol et weqatal sont rapprochés dans le domaine modal. Ce rapprochement entre yiqtol et weqatal est essentiel pour le présent mémoire, car il prépare l’analyse du domaine de la projection.

L’aspect constitue un second paramètre. Depuis Driver jusqu’à Cook, Waltke et O’Connor, Joosten ou Moomo, les analyses aspectuelles ont montré que l’opposition entre événement saisi globalement et événement envisagé comme ouvert ou interne joue un rôle fondamental. qatal est souvent interprété comme perfectif : il présente l’événement comme un tout. yiqtol est souvent interprété comme imperfectif ou non perfectif : il présente l’événement comme ouvert, progressif, habituel, potentiel ou non borné. Dans cette perspective, wayyiqtol appartient généralement au domaine perfectif narratif, tandis que weqatal se rapproche fonctionnellement de yiqtol dans les contextes projectifs.

L’avantage des modèles aspectuels est de mieux expliquer les emplois non passés de qatal et les emplois non futurs de yiqtol. Un événement peut être présenté comme global sans être nécessairement passé ; il peut être présenté comme ouvert sans être nécessairement futur. L’aspect permet également de comprendre les emplois habituels, itératifs, progressifs et gnomiques. Mais, comme le chapitre précédent l’a montré, l’aspect ne suffit pas à expliquer le rôle d’une clause dans une chaîne. Une forme perfective peut faire avancer le récit, donner un arrière-plan ou introduire un commentaire ; une forme imperfective peut ouvrir une projection, exprimer une habitude ou construire un parallélisme poétique.

Le mode, enfin, concerne le statut de l’événement par rapport à l’assertion : réel ou irréel, indicatif ou non indicatif, assertif ou projectif, déontique, épistémique, volitif, optatif, conditionnel. Palmer et les études typologiques sur la modalité sont utiles ici, mais le problème est particulièrement net en hébreu biblique : yiqtol et le jussif sont souvent homonymes, weqatal peut fonctionner dans des contextes indicatifs ou modaux, et les formes volitives interagissent avec les formes finies dans les chaînes instructionnelles.3. Palmer fournit le vocabulaire typologique général de la modalité ; les travaux sur l’hébreu biblique montrent que ce vocabulaire doit être articulé aux formes finies, au jussif, à l’impératif et aux genres instructionnels. Les modèles de Joosten, Cook, Gentry et Longacre/Bowling montrent tous, chacun à sa manière, que la modalité ne peut pas être un simple supplément ; elle structure un domaine entier du système.

Dans la perspective du présent mémoire, les catégories TAM seront donc utilisées de manière stratifiée :

Catégorie Question posée Exemples de valeurs utiles
Temps Où se situe l’événement par rapport à un point de référence ? passé, présent, futur, antérieur, simultané, prospectif
Aspect Comment l’événement est-il présenté ? perfectif, imperfectif, progressif, habituel, itératif, résultatif, statif
Mode Quel est le statut de l’événement ? realis, irrealis, déontique, épistémique, volitif, optatif, conditionnel
Taxis Quelle relation temporelle existe entre deux événements ? antériorité relative, postériorité, séquence, simultanéité
Projection L’événement est-il présenté comme ouvert ou prescrit ? futur, promesse, menace, instruction, conséquence, procédure

Ce tableau montre que le TAM ne sera pas abandonné. Il sera intégré à une description plus large, où la question n’est pas seulement “quelle valeur TAM possède cette forme ?”, mais “comment cette valeur TAM contribue-t-elle à l’opération discursive de la clause ?”. Cette distinction est décisive. Dans une chaîne narrative, wayyiqtol combine souvent perfectivité, passé et séquence ; dans un discours instructionnel, weqatal combine projection, modalité et continuité ; dans un poème, qatal et yiqtol peuvent opposer deux perspectives aspectuelles tout en servant une même opération de parallélisme.

Les exemples suivants montrent pourquoi le TAM doit être articulé au discours : Genèse 2.17b est futur et conditionnel, Exode 20.9 est instructionnel, et Psaume 6.10 relève d’une affirmation de confiance dans un régime de prière.

Genèse 2.17b ID 48 · Gn 2-17b
כִּ֗י בְּי֛וֹם אֲכָלְךָ֥ מִמֶּ֖נּוּ מ֥וֹת תָּמֽוּת׃
́ bᵉ yṓm ʾăxālᵉxā́ mimménnū ́t tāmū́t
car du jour où tu en mangeras , tu dois mourir ... !
infinitif participe yiqtol
Exode 20.9 ID 2061 · Ex 20-9
שֵׁ֤֣שֶׁת יָמִ֣ים֙ תַּֽעֲבֹ֔ד֮ וְעָשִׂ֖֣יתָ כָּל־מְלַאכְתֶּֽךָ֒
šḗšet yāmī́m táʿăvṓd wᵉ ʿāśī́ kol-mᵉlaxté
Durant six jours tu travailleras et t’occuperas de toutes tes affaires,
yiqtol weqatal
Psaume 6.10 ID 15208 · Sl 6-10
שָׁמַ֣ע יְ֭הוָה תְּחִנָּתִ֑י יְ֝הוָ֗ה תְּֽפִלָּתִ֥י יִקָּֽח׃
šāmáʿ [ýhwāh] tᵉḥinnātī́ [ýhwā́h] tᵉf́illātī́ yiqqā́
qatal yiqtol

2.2. L’analyse du discours en hébreu biblique

L’analyse du discours a profondément modifié l’étude du système verbal hébraïque. Son apport principal est d’avoir déplacé le regard de la phrase isolée vers des unités textuelles plus larges : récit, discours direct, paragraphe, épisode, type de discours, ligne principale, arrière-plan. Les formes verbales ne sont plus seulement décrites comme porteuses de valeurs sémantiques ; elles sont analysées selon leur fonction dans la progression du texte.

Andersen représente un premier jalon important. En appliquant à l’hébreu biblique une analyse attentive à la structure du discours, il montre que les formes verbales ont des fonctions qui dépassent la phrase. Dans la prose narrative, qatal peut être compatible avec wayyiqtol, mais dans des positions différentes ; dans le discours prédictif, yiqtol et weqatal peuvent appartenir à un même domaine. Il souligne aussi l’importance de l’ordre des mots : une inversion ou une construction non verbale peut interrompre une séquence, ouvrir un épisode, fournir une circonstance ou introduire un flashback.

Schneider, dans la lignée de Weinrich, introduit une distinction structurante entre orientation du discours, relief et perspective.4. Schneider est mobilisé ici surtout à travers la présentation de Talstra. Son apport majeur est de relier formes verbales, type de discours et relief textuel, au lieu de traiter les formes comme des temps isolés. Dans ce modèle, la narration et le discours direct n’organisent pas les formes de la même manière. wayyiqtol est associé au foreground narratif, tandis que des constructions comme we(x)-qatal, X-yiqtol ou les clauses nominales participent au background. Dans le discours direct, yiqtol et l’impératif peuvent constituer le premier plan, tandis que qatal, weqatal ou d’autres constructions fournissent des perspectives secondaires. La force de ce modèle est d’avoir donné un statut théorique aux notions de premier plan et d’arrière-plan.

Niccacci reprend et systématise cette distinction en accordant une importance particulière à la position des formes dans la clause. Dans la prose narrative, wayyiqtol occupe le rôle prototypique de la chaîne principale, tandis que les formes X-qatal, X-yiqtol, weqatal et les clauses nominales relèvent de niveaux secondaires. Dans le discours direct, la distribution change : les axes temporels sont définis depuis le point de vue du locuteur interne. L’un des apports majeurs de Niccacci pour le présent mémoire est précisément cette attention à la position : un yiqtol initial peut avoir une valeur jussive ou volitive, tandis qu’un X-yiqtol indicatif appartient à un autre niveau. De même, wayyiqtol peut être narratif ou de continuation selon sa position dans l’unité textuelle.

Longacre développe une autre intuition décisive : les types de discours possèdent chacun une forme ou une constellation de formes qui marque leur ligne principale.5. Longacre et Bowling sont décisifs pour ne pas prendre le récit comme norme unique : un genre procédural, prédictif ou lamentatif n’a pas la même ligne principale qu’une prose narrative. Le récit, le discours prédictif, l’exhortation, le procédural, l’instructionnel, le juridique, le rîb, la qinah et l’exposition ne construisent pas leur progression de la même manière. Cette approche est particulièrement importante pour la présente recherche parce qu’elle évite de considérer la prose narrative comme norme unique du système. Dans un récit, wayyiqtol peut être la forme prototypique de la ligne principale ; dans un discours procédural ou instructionnel, weqatal peut jouer un rôle analogue, mais dans une ligne d’action prescrite et non dans une ligne d’événements passés. Dans un lamento, qatal peut être central parce qu’il fixe le désastre comme fait accompli.

Endo, Gentry et Hatav ont ensuite proposé des modèles paramétriques combinant aspect, modalité, type de discours et séquentialité. Endo accorde un rôle central à l’opposition séquentiel / non séquentiel : qatal et yiqtol seraient non séquentiels, tandis que wayyiqtol et weqatal seraient séquentiels dans leurs domaines respectifs. Gentry combine quatre paramètres : modalité, aspect / temps, séquentialité et type de discours. Hatav insiste sur la séquentialité, la modalité, l’inclusion et la perfectivité. Même si ces modèles ne résolvent pas tous les problèmes, ils convergent vers une idée essentielle : la forme verbale doit être décrite par plusieurs traits simultanés.

Goldfajn apporte un point crucial pour la relation entre temps, discours direct et ordre des mots. En distinguant la perspective de narration passée et la perspective du discours direct, elle montre que le temps de référence n’est pas le même selon le régime discursif. Elle insiste aussi sur l’ordre des mots, notamment sur le rôle des constructions sujet-verbe dans la rupture du flux narratif en wayyiqtol. Pour le présent mémoire, cet apport justifie l’intégration systématique d’un champ word_order dans l’annotation.

Robar déplace encore davantage l’analyse vers la structure du paragraphe. Sa notion de continuité schématique permet de comprendre les formes avec waw comme des moyens de maintenir, coordonner, incorporer ou reprendre des unités discursives. wayyiqtol et weqatal ne sont pas seulement des formes temporelles ou aspectuelles ; elles révèlent la structure interne des paragraphes. Cette intuition est particulièrement utile pour reformuler le waw non comme convertisseur, mais comme élément de liaison.

Enfin, Longacre et Bowling fournissent une typologie très opérationnelle des types de discours. Leur distinction entre narratif, prédictif, procédural, instructionnel, juridique, rîb, qinah, expositif et exhortatif permet de transformer l’état de la question en grille d’annotation. Il ne s’agit pas de reprendre mécaniquement toute leur classification, mais de l’utiliser comme point de départ pour reconnaître des régimes discursifs distincts.

Les apports discursifs peuvent être résumés de la manière suivante :

Approche Apport principal Utilisation dans ce mémoire
Andersen fonctions discursives et interruptions de séquence identifier épisode, flashback, circonstance, élargissement
Schneider foreground / background, récit / discours annoter premier plan, arrière-plan, orientation du discours
Niccacci position clausale, récit et discours direct distinguer V1, X-V, continuation, volitif, discours direct
Longacre types de discours et lignes principales annoter narratif, prédictif, procédural, instructionnel, qinah, rîb
Endo aspect et séquentialité distinguer séquentiel / non séquentiel
Gentry paramètres sémantiques et pragmatiques combiner modalité, aspect, séquentialité, type de discours
Goldfajn temps de référence et ordre des mots intégrer word order et perspective narrative / discours direct
Robar continuité schématique du paragraphe décrire waw comme liaison, coordination, incorporation, reprise

La réorientation proposée consiste donc à ne pas faire de l’analyse du discours une théorie concurrente du TAM, mais un cadre dans lequel les valeurs TAM deviennent interprétables. Le TAM donne des traits ; le discours donne leur fonction textuelle.

Genèse 1.3 résume presque toute cette réorientation : la première clause introduit une parole, la clause interne formule l’énoncé créateur, puis la dernière clause raconte la réalisation. Les formes n’y changent pas seulement de “temps”; elles changent de régime discursif.

Genèse 1.3 ID 3 · Gn 1-3
וַיֹּ֥אמֶר אֱלֹהִ֖ים יְהִ֣י א֑וֹר וַֽיְהִי ־אֽוֹר׃
wa-y-yṓmer ʾĕlōhī́m yᵉhī́ ʾṓr wá yᵉhī -ʾṓr
Dieu dit : "Que la lumière soit !" Et la lumière fut .
wayyiqtol yiqtol

2.3. Cadre syntaxique formel : clause, périphérie gauche et information

Les approches discursives montrent que la forme verbale doit être analysée dans son environnement textuel. Mais elles ne suffisent pas toujours à décrire formellement la position de la clause. Pour rendre l’analyse lisible dans un cadre de linguistique contemporaine, il faut introduire un vocabulaire syntaxique minimal : structure de la clause, périphérie gauche, topique, focus, cadre, force illocutoire, modalité et aspect.

Le présent mémoire n’a pas pour objectif de produire une théorie syntaxique complète de l’hébreu biblique. Il utilisera néanmoins une structure de référence inspirée des travaux sur la périphérie gauche, notamment Rizzi et la cartographie syntaxique, ainsi que des études sur la structure informationnelle.6. La référence à Rizzi n’implique pas une analyse cartographique exhaustive de l’hébreu biblique. Elle sert ici à donner un vocabulaire aux positions de force, topique, cadre et focus. Cette structure permet de distinguer plusieurs niveaux :

[ForceP
   [TopP / FrameP
      [FocP
         [FinP
            [TP
               [ModP
                  [AspP
                     [vP
                        [VP ROOT]]]]]]]]

Cette représentation n’est pas destinée à être défendue comme l’arbre définitif de chaque clause hébraïque. Elle sert de carte conceptuelle. ForceP correspond au type d’énoncé : assertion, question, ordre, prière, oracle, promesse. TopP et FrameP correspondent aux éléments qui établissent un topique ou un cadre temporel, spatial ou conditionnel. FocP correspond à l’information contrastive ou focalisée. TP ancre l’événement dans une structure temporelle ; ModP exprime la modalité ou l’opposition realis / irrealis ; AspP exprime le point de vue aspectuel ; vP et VP relèvent de la structure événementielle et lexicale.

Cette carte est utile pour trois raisons. Premièrement, elle permet de donner un statut syntaxique aux phénomènes de fronting. Lorsqu’un sujet, un objet, un adverbe ou un syntagme prépositionnel précède la forme verbale, il ne s’agit pas simplement d’une variante libre de l’ordre des mots. Ce constituant peut activer une position de topique, de focus ou de cadre. Un X-qatal n’est donc pas seulement un qatal précédé de quelque chose ; c’est potentiellement une clause dont la périphérie gauche est occupée, ce qui peut signaler un changement de topique, un contraste, un arrière-plan ou une rupture.

Deuxièmement, elle permet de distinguer la force illocutoire et la valeur TAM. Une même forme yiqtol peut apparaître dans une assertion, une question, une interdiction, une demande, une promesse ou une prière. La valeur modale ne dépend pas seulement de la morphologie ; elle dépend aussi de la force de la clause, de la négation, du statut de discours direct et de la relation avec les formes volitives.

Troisièmement, elle permet de situer waw dans une projection de liaison. Les formes wayyiqtol et weqatal ne seront pas décrites comme de simples formes verbales augmentées d’une particule externe, mais comme des constructions où waw participe à un niveau de liaison clausale :

[LinkP / SeqP
   waw
   [ForceP
      [TopP / FocP
         [TP
            [ModP
               [AspP
                  [vP]]]]]]

Cette représentation permet de distinguer plusieurs opérations de waw : coordination, séquence, continuation, reprise, conséquence, projection. Elle rejoint les intuitions de Robar sur la continuité schématique, mais les traduit dans un langage syntaxique plus général.

L’intégration de la syntaxe formelle est aussi justifiée par les études de l’ordre des mots en hébreu biblique. Goldfajn a montré l’importance du contraste entre récit et discours direct ainsi que le rôle des constructions sujet-verbe dans la rupture narrative. Moshavi a fourni une étude détaillée de l’ordre des constituants dans la clause finie. Holmstedt et d’autres travaux sur la syntaxe biblique permettent de traiter la clause non comme une suite linéaire indifférenciée, mais comme une structure hiérarchisée.7. Goldfajn et Moshavi sont les deux appuis principaux pour relier ordre des mots et interprétation discursive ; Lambrecht et Krifka donnent le vocabulaire général de la structure informationnelle. Les recherches sur la structure informationnelle, de Lambrecht à Krifka, fournissent enfin un vocabulaire pour distinguer topique, focus, présupposition, information nouvelle et contraste.

Dans le système d’annotation proposé plus loin, ces distinctions seront traduites en champs concrets :

Dimension syntaxique Valeurs ou diagnostics possibles
Position du verbe V1, SV, VS, XV, OV, ADV-V, NEG-V
Périphérie gauche topique, focus, cadre, contraste, dislocation
Force de la clause assertion, question, ordre, prière, promesse, menace
Type de clause principale, subordonnée, conditionnelle, relative, discours direct
Liaison coordination, séquence, reprise, conséquence, projection

Ce cadre syntaxique donne donc au mémoire un moyen de relier les observations de discours à une analyse formelle de la clause. Il prépare aussi le chapitre 3, où les opérateurs discursifs seront définis comme des fonctions portées par des clauses structurées, et non par des formes isolées.

Le contraste informationnel de Genèse 1.10a donne un bon test : l’élément préverbal n’est pas décoratif, il organise le second acte de nomination comme correspondance et contraste.

Genèse 1.10a ID 10 · Gn 1-10a
וַיִּקְרָ֨א אֱלֹהִ֤ים ׀ לַיַּבָּשָׁה֙ אֶ֔רֶץ וּלְמִקְוֵ֥ה הַמַּ֖יִם קָרָ֣א יַמִּ֑ים
wa-y-yiqrā́ ʾĕlōhī́m la-y-yabbāšā́ ʾéreṣ ū lᵉ miqwḗ ha-m-máyim qārā́ yammī́m
Dieu nomma le sol la Terre, et l’agglomération des eaux, il la nomma les Mers.
wayyiqtol qatal

2.4. Spell-out et faisceaux de traits

Une difficulté récurrente dans les études du système verbal hébraïque vient du fait qu’on cherche souvent à faire correspondre une forme à une seule valeur. Or les données suggèrent plutôt qu’une forme de surface réalise plusieurs traits simultanément. Une même occurrence de wayyiqtol, par exemple, peut être perfective, passée, séquentielle, narrative et liée par waw. Une occurrence de weqatal peut être suffixale, projective, modale, consécutive et instructionnelle. L’idée de faisceau de traits permet de décrire cette superposition sans réduire la forme à une seule étiquette.

Le présent mémoire emprunte ici une intuition à la morphologie distribuée et à la nanosyntaxe, mais avec prudence.8. La morphologie distribuée et la nanosyntaxe sont utilisées comme modèles heuristiques du spell-out de traits. Le mémoire ne prétend pas dériver formellement qatal, yiqtol, wayyiqtol ou weqatal dans ces cadres. Il ne s’agit pas de proposer une dérivation complète des formes verbales de l’hébreu biblique. Il s’agit plutôt d’utiliser une idée générale : une forme de surface peut réaliser un ensemble de traits syntaxiques et sémantiques. Dans le vocabulaire du spell-out, la morphologie ne correspond pas nécessairement à un seul trait terminal ; elle peut épeler une configuration plus complexe.

Cette intuition est utile pour sortir d’une alternative trop rigide. Si l’on demande si qatal “signifie” le passé, le perfectif, le realis, l’antériorité ou le fait établi, on risque de choisir une seule réponse et de traiter les autres comme secondaires. Mais si l’on considère qatal comme la réalisation d’un faisceau, on peut dire qu’il associe typiquement perfectivité, factualité, antériorité ou résultativité, tout en pouvant être recruté pour des opérations discursives comme le commentaire, le fond, la rétrospection ou le résumé. Le sens n’est pas atomique ; il est configuré.

Le tableau suivant donne la décomposition de travail qui guidera la suite du mémoire :

Forme Faisceau de traits de travail Opérations discursives fréquentes
qatal [Asp:PERF], [Mod:REALIS], [T:ANT/PAST or ASSERTIVE], [Discourse:FACT/SETTING/BACKGROUND] fait, arrière-plan, commentaire, rétrospection, résumé, parallélisme
yiqtol [Asp:IMPF], [Mod:IRREALIS/POTENTIAL], [T:NON-PAST or RELATIVE], [Discourse:PROJECTION/HABITUAL/GNOMIC] projection, modalité, habitude, généralité, volition, parallélisme
wayyiqtol [Link:WAW], [Seq:EVENTIVE], [T:PAST/ANTERIOR], [Asp:PERF], [Discourse:MAINLINE/RESUMPTION] chaîne narrative, progression, premier plan, reprise, transition
weqatal [Link:WAW], [Seq:PROJECTED], [Mod:IRREALIS/DEONTIC], [Discourse:PROCEDURE/CONSEQUENCE/INSTRUCTION] instruction, procédure, condition, conséquence, prédiction

Ce tableau n’est pas une dérivation définitive. Il s’agit d’une hypothèse de travail pour l’annotation. Il faudra vérifier, occurrence par occurrence, quels traits sont activés, lesquels sont neutralisés, et lesquels sont réinterprétés par le genre ou la syntaxe. Par exemple, un qatal en poésie peut ne pas fonctionner comme simple perfectif narratif ; il peut participer à un parallélisme avec yiqtol. Un wayyiqtol hors de la prose narrative peut ne pas être un opérateur de mainline au sens strict ; il peut signaler une liaison rhétorique ou une mémoire narrative. Un weqatal peut être consécutif, mais la nature de cette consécution varie selon qu’il se trouve dans une loi, une instruction, une promesse ou une condition.

La notion de faisceau de traits permet aussi de distinguer forme et fonction. Deux formes peuvent partager une fonction sans partager tous leurs traits. wayyiqtol et weqatal sont tous deux liés à waw et à la séquence, mais l’un fonctionne typiquement dans un domaine eventif et narratif, l’autre dans un domaine projectif et modal. Inversement, qatal et wayyiqtol peuvent partager perfectivité et factualité, mais l’un peut marquer un fait ou un arrière-plan tandis que l’autre fait avancer la ligne narrative.

Ce modèle prépare directement la typologie des opérateurs. Une opération discursive ne sera pas déduite automatiquement de la forme ; elle sera déterminée par la convergence de plusieurs traits : morphologie, position syntaxique, TAM, genre, liaison, structure informationnelle et relation avec les clauses voisines.

2.5. Perspective sémitique et arabe

La perspective comparatiste est indispensable, mais elle doit rester proportionnée à l’objet du mémoire. L’objectif n’est pas de rédiger une grammaire comparée des langues sémitiques, ni de déduire directement la valeur des formes hébraïques à partir de l’arabe, de l’ougaritique, de l’akkadien ou de l’araméen. Le rôle de la comparaison est plus précis : éclairer certains chevauchements morphologiques et fonctionnels, notamment autour des formes préfixales, du jussif, de yiqtol et de wayyiqtol.

Les recherches historico-comparatives ont montré que le système verbal du sémitique ancien comportait plusieurs formes dont les fonctions se sont redistribuées dans les langues sémitiques ultérieures. Le débat porte notamment sur la relation entre une forme suffixale de type qatala, une forme préfixale courte de type yaqtul et une forme préfixale longue de type yaqtulu ou issue d’un développement imperfectif.9. La comparaison sémitique éclaire surtout les formes préfixales : elle rend plausible la coexistence historique de valeurs imperfectives, jussives et prétéritales, sans décider à elle seule de la fonction synchronique d’une clause hébraïque. Les modèles de Bauer, Thacker, Cook, Tropper, Sande, Notarius ou Andrason diffèrent dans le détail, mais ils convergent sur un point important : la préfixation sémitique ne relève pas d’un seul domaine futur / imperfectif. Elle peut être liée au perfectif, au prétérit, au jussif, à la modalité ou à l’imperfectif selon la forme historique et le contexte.

L’ougaritique est particulièrement utile pour comprendre la coexistence d’une forme préfixale longue et d’une forme préfixale courte. La forme longue yaqtulu correspond généralement à un domaine imperfectif, tandis que la forme courte yaqtul peut avoir des valeurs prétéritales ou jussives. Cette distinction fournit un arrière-plan important pour la question hébraïque : yiqtol, wayyiqtol et le jussif ne doivent pas être traités comme de simples variantes d’une même forme sans histoire. Certains emplois poétiques de yiqtol, notamment les emplois prétéritaux ou initiaux, peuvent être interprétés comme des résidus ou réanalyses liés à cette histoire.

L’arabe classique offre un contrôle typologique particulièrement clair. La forme longue yaqtulu appartient au domaine de l’imperfectif et du non accompli ; la forme courte yaqtul est associée au jussif, mais apparaît aussi dans la construction lam yaqtul, qui exprime une négation passée. Ce fait est important : il montre qu’une forme préfixale courte peut participer à la fois au domaine modal / jussif et à un domaine prétérital. La comparaison avec lam yaqtul ne prouve pas directement la valeur de wayyiqtol en hébreu biblique, mais elle rend typologiquement plausible l’idée qu’une forme préfixale puisse être liée au passé, au jussif et à la modalité selon les contextes.

La notation comparative gagne à conserver les écritures : arabe يَقْتُلُ yaqtulu ‘il tue / tuera’, لَمْ يَقْتُلْ lam yaqtul ‘il n’a pas tué’, araméen יִקְטוּל yiqṭûl ‘il tuera / qu’il tue’. Ces parallèles éclairent les possibilités historiques sans annuler l’analyse synchronique de l’hébreu.

Un passage comme Deutéronome 32.8-11 montre pourquoi la diachronie devient surtout utile dans la poésie : les formes préfixales y entrent dans une mémoire poétique qui ne se réduit pas au futur.

Deutéronome 32.8-11 ID 5768 · Dt 32-8-11
(8) בְּהַנְחֵ֤ל עֶלְיוֹן֙ גּוֹיִ֔ם בְּהַפְרִיד֖וֹ בְּנֵ֣י אָדָ֑ם יַצֵּב֙ גְּבֻלֹ֣ת עַמִּ֔ים לְמִסְפַּ֖ר בְּנֵ֥י יִשְׂרָאֵֽל׃ (9) כִּ֛י חֵ֥לֶק יְהֹוָ֖ה עַמּ֑וֹ יַעֲקֹ֖ב חֶ֥בֶל נַחֲלָתֽוֹ׃ (10) יִמְצָאֵ֙הוּ֙ בְּאֶ֣רֶץ מִדְבָּ֔ר וּבְתֹ֖הוּ יְלֵ֣ל יְשִׁמֹ֑ן יְסֹֽבְבֶ֙נְהוּ֙ יְב֣וֹנְנֵ֔הוּ יִצְּרֶ֖נְהוּ כְּאִישׁ֥וֹן עֵינֽוֹ׃ (11) כְּנֶ֙שֶׁר֙ יָעִ֣יר קִנּ֔וֹ עַל־גּוֹזָלָ֖יו יְרַחֵ֑ף יִפְרֹ֤שׂ כְּנָפָיו֙ יִקָּחֵ֔הוּ יִשָּׂאֵ֖הוּ עַל־אֶבְרָתֽוֹ׃
(8) bᵉ hanḥḗl ʿelyōn gōyím bᵉ hafrīdṓ bᵉnḗ ʾādā́m yaṣṣḗv gᵉvulṓt ʿammī́m lᵉ mispár bᵉnḗ yiśrāʾḗl (9) kī́ ḥḗleq [yᵉhōā́h] ʿammṓ yaʿăqṓv ḥével naḥălātṓ (10) yimṣāʾḗ bᵉ ʾéreṣ midbā́r ū vᵉ tṓhū yᵉlḗl yᵉšimṓn yᵉsṓvᵉvénhū yᵉvṓnᵉnḗ yiṣṣᵉrénhū kᵉ ʾīšṓn ʿēnṓ (11) kᵉ néšer yāʿī́r qinnṓ ʿal-gōzālā́w yᵉraḥḗf yifrṓś kᵉnāfāw yiqqāḥḗ yiśśāʾḗ ʿal-ʾevrātṓ
Yechouroun, engraissé , regimbe ; tu étais trop gras , trop replet , trop bien nourri
infinitif yiqtol prétérital possible yiqtol

Cette perspective éclaire aussi la relation entre yiqtol et wayyiqtol. Si wayyiqtol conserve ou réanalyse une ancienne forme préfixale courte à valeur prétéritale, tandis que yiqtol prolonge en partie une forme longue imperfective, alors leur proximité morphologique de surface ne signifie pas identité fonctionnelle. Cela explique pourquoi wayyiqtol peut fonctionner avec qatal dans le domaine narratif perfectif, tandis que yiqtol fonctionne avec weqatal dans le domaine projectif. La comparaison sémitique soutient donc le modèle des faisceaux de traits : la morphologie visible ne suffit pas à déterminer la fonction synchronique.

Il faut toutefois maintenir une limite méthodologique nette. L’arabe ne donne pas la grammaire de l’hébreu biblique. Il fournit un parallèle typologique et diachronique, non une clé de traduction. De même, l’ougaritique ou l’akkadien ne doivent pas être utilisés pour neutraliser la spécificité synchronique des textes hébreux. La diachronie explique pourquoi certaines formes sont polyvalentes ; elle ne dispense pas d’analyser leur fonction dans la clause et dans le discours.

Pour le présent mémoire, la perspective sémitique sera donc utilisée dans quatre cas principaux :

Question hébraïque Éclairage comparatif Usage dans le mémoire
Ambiguïté yiqtol / jussif forme courte yaqtul, jussif arabe comprendre les valeurs volitives et modales
wayyiqtol comme forme narrative passée résidu de préfixal court prétérital éclairer la relation avec yiqtol sans réduire l’analyse au passé
yiqtol poétique prétérital survivances archaïques et poésie ougaritique / hébraïque classer certains emplois comme diachroniques ou poétiques
weqatal projectif développement modal et consécutif des formes suffixales expliquer la proximité fonctionnelle avec yiqtol

La comparaison sémitique a donc une place réelle, mais secondaire. Elle interviendra surtout dans les sections consacrées à la poésie archaïque, aux emplois prétéritaux de yiqtol, aux relations entre yiqtol, jussif et wayyiqtol, et à la fonction projective de weqatal. La base de l’analyse restera synchronique et discursive.

2.6. Bilan : vers une grille intégrée

L’état de la question montre que chaque tradition a identifié une partie du problème. Les approches temporelles ont souligné l’ancrage des événements ; les approches aspectuelles ont mis en lumière la manière de présenter l’événement ; les approches modales ont montré l’importance du realis / irrealis ; les approches discursives ont révélé la fonction textuelle des formes ; les études syntaxiques ont insisté sur la position des constituants ; les approches historico-comparatives ont expliqué certains chevauchements morphologiques.

Le présent mémoire ne choisira donc pas une seule théorie contre toutes les autres. Il proposera une grille intégrée. Cette grille peut être formulée ainsi :

Niveau Question Exemple de diagnostic
Morphologie Quelle est la forme ? qatal, yiqtol, wayyiqtol, weqatal
TAM Quelle valeur temporelle, aspectuelle ou modale est activée ? perfectif, imperfectif, realis, irrealis, futur, antérieur
Syntaxe Quelle est la position de la forme et des constituants ? V1, X-V, SV, OV, fronting, négation
Liaison Quelle relation unit la clause aux clauses voisines ? séquence, rupture, reprise, conséquence, condition
Discours Dans quel régime textuel la clause fonctionne-t-elle ? récit, discours direct, instruction, prophétie, poésie
Information Que fait la clause au niveau du topique et du focus ? continuité, changement de topique, contraste, cadre
Diachronie Un résidu historique est-il pertinent ? yiqtol prétérital, jussif, forme préfixale courte

Cette grille sera développée au chapitre 3 sous la forme d’un catalogue d’opérateurs et d’un modèle d’annotation. Le point essentiel est le suivant : les formes verbales finies de l’hébreu biblique ne seront pas analysées comme quatre cases d’un paradigme statique, mais comme des réalisations morphosyntaxiques de faisceaux de traits capables d’accomplir des opérations discursives différentes selon leur position dans la clause et dans le texte.

Ce déplacement permet de conserver la richesse des travaux antérieurs sans répéter leurs impasses. Il ne s’agit plus de décider si qatal est “vraiment” passé, perfectif, realis ou factuel ; il s’agit de déterminer comment ces traits se combinent dans une clause donnée pour produire un effet de fait, d’arrière-plan, de commentaire, de rétrospection ou de parallélisme. Il ne s’agit plus de décider si yiqtol est “vraiment” futur, imperfectif ou modal ; il s’agit d’analyser comment il ouvre un domaine de projection, d’habitude, de généralité, de volition ou de poésie. De même, wayyiqtol et weqatal doivent être étudiés non comme de simples formes converties, mais comme des formes de liaison : l’une typiquement narrative, l’autre typiquement projective ou instructionnelle.

Le chapitre suivant formulera ce modèle de manière positive. Après avoir montré ce que les théories existantes apportent, il faudra définir précisément les opérateurs discursifs, les niveaux de clause, les champs d’annotation et le traitement des cas ambigus.

Références citées dans le chapitre

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  5. Driver, Samuel R. A Treatise on the Use of the Tenses in Hebrew and Some Other Syntactical Questions. Londres, Oxford University Press, 1998.
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